SPM et consommation d’alcool : un risque élevé

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SPM et consommation d'alcool : un risque élevé
SPM et consommation d'alcool : un risque élevé

SPM et consommation d’alcool : Une proportion non négligeable de la population féminine est confrontée à des problèmes physiques et psychologiques avant le début des menstruations (SPM). une étude estime que le risque de SPM chez les femmes qui boivent régulièrement de l’alcool est de 45 pour cent. 

SPM et consommation d’alcool : Tout s’explique

Le syndrome prémenstruel se caractérise par des crampes au niveau du bas-ventre, des seins gonflés et douloureux quand on les touche, une fatigue plus importante que d’habitude, une impression d’être facilement irritable, de se sentir déprimée… Ces symptômes surviennent quelques jours avant le début des règles.

Le syndrome prémenstruel peut comprendre de nombreux symptômes d’intensité variables d’une femme à l’autre et d’un cycle à l’autre chez une même personne. Ainsi, sautes d’humeur, seins douloureux, fringales, fatigue, irritabilité et même dépression peuvent précéder les menstruations de beaucoup de femmes. « De 20% et 40% » aux Etats-Unis pour les cas de sévérité modérée et « entre 3% et 8% » pour les cas sévères, la prévalence du syndrome varie tant qu’au niveau mondial elle oscille « entre 10% et 98% », selon une étude citée par les auteurs de la publication.

SPM et consommation d’alcool : cause, conséquence ou corrélation ?

Les femmes ont-elles plus de risque de souffrir de SPM parce qu’elles boivent ou bien se tournent-elles vers la bouteille pour oublier qu’elles souffrent ? « Nous ne pouvons pas être sûrs que l’alcool provoque le syndrome prémenstruel ou vice versa, mais les femmes atteintes de SPM pourraient être invités à essayer de réduire leur consommation d’alcool pour voir si leurs symptômes s’améliorent« , suggère dans un communiqué la professeur Hazel Inskip, directrice adjointe de l’Unité d’épidémiologie du cycle de vie du CRM à l’Université de Southampton. Selon les chercheurs, si l’association est de nature causale, « l’élimination de la consommation abusive d’alcool chez les femmes soulagerait alors une personne sur 12 en Europe« .

SPM et consommation d'alcool : un risque élevé

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Biologiquement, il existe des explications pour justifier que l’alcool augmenterait le risque de syndrome prémenstruel, si le lien causal était avéré. Ainsi, selon les chercheurs, l’alcool pourrait modifier les taux d’hormones pendant le cycle menstruel, ou encore interférer avec la production de certains neurotransmetteurs plutôt apaisants comme la sérotonine ou le GABA (acide gamma-amino butyrique) suggèrent-ils. D’autres études devront donc confirmer et approfondir ces résultats, et notamment déterminer la quantité d’alcool consommée à partir de laquelle le lien avec le syndrome prémenstruel est établi.

SPM et consommation d’alcool : un facteur génétique hautement improbable

Une troisième explication existe où alcool et SPM seraient tous les deux une conséquence d’autre chose, ce qui expliquerait leur corrélation. « On sait que l’activité de la sérotonine et du GABA est altérée chez les sujets atteints de SPM« , disent les chercheurs. Le lien alcool -> interférence avec les neurotransmetteurs -> syndrome prémenstruel paraitrait donc plausible… Sauf que « les femmes qui présentent des altérations dans les systèmes de sérotonine et de GABA peuvent être plus sensibles à l’alcool« , d’après les chercheurs.

Il se pourrait donc également que lesdites altérations génétiques de l’action de ces neurotransmetteurs soit à la fois la cause de la consommation d’alcool et du syndrome prémenstruel. Une hypothèse qu’ils jugent cependant « hautement improbable » car il faudrait que ce facteur génétique soit très fortement lié à la fois à la consommation d’alcool et au syndrome prémenstruel. Or, « aucun facteur de ce type n’a été décrit jusqu’à présent« .

SPM et consommation d’alcool : La consommation d’alcool pour apaiser les symptomes du SPM ? 

Cela dit, dans certaines des études examinées par les chercheurs, la consommation d’alcool par les femmes coïncide avec les syndromes prémenstruels. Par conséquent, les scientifiques affirment que si l’alcool peut causer les SPM, la réciproque est également envisageable.

En effet, « Les femmes affectées par des SPM peuvent boire de l’alcool pour apaiser les effets du syndrome », peut-on lire en préambule de la publication.

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Quoi qu’il en soit, les chercheurs ont invité leurs homologues à poursuivre les recherches pour confirmer ou infirmer ces hypothèses.

Car si éviter l’alcool suffit à pallier 21% des cas de SPM en Europe, on a de quoi épargner des milliers de femmes des dangers du syndrome prémenstruel et, en bonus, économiser des sommes considérables dans le secteur de la santé.