Spasmophilie : Questions et réponses

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Spasmophilie : Questions et réponses
Spasmophilie : Questions et réponses

La spasmophilie est un syndrome qui se défini par un ensemble de symptômes liés à l’angoisse. La maladie se manifeste notamment par des crises d’angoisse sévères et impressionnantes. 

La spasmophilie est un dérèglement du système sympathique, le système qui gère les fonctions automatiques de l’organisme (respiration, battements du cœur, système digestif). Ce dysfonctionnement peut occasionner des spasmes abdominaux, une fatigue chronique, des insomnies, des troubles digestifs, des tremblements ou picotements dans les extrémités mais aussi des palpitations et des signes psychologiques tels que des crises d’angoisses ou une anxiété. Très gênante, voire invalidante, la spasmophilie est pourtant sans caractère de gravité.

Le plus souvent héréditaire, deux tiers des patients sont des femmes. Si les malades déclarent souvent la maladie entre 20 et 30 ans, certains signes, que l’on interprète alors pas comme tels, peuvent être présents dès l’enfance. À mesure que les malades avancent en âge, et surtout après la ménopause, la maladie disparaît, attestant l’importance du facteur hormonal.

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Spasmophilie : Signes cliniques

– Signes fonctionnels : Respiration ample, paresthésies des extrémités, palpitations, difficultés à déglutir, sensation de boule dans la gorge, hyperventilation, angoisse, anxiété, crampes, clonies des paupières, main d’accoucheur, hyperventilation, contractures généralisées.

Spasmophilie : comment s'en sortir ?
– Signes sensitifs : Fourmillement, engourdissement des extrémités

– Signes moteurs : Fasciculations, raideurs, contracture dont la plus classique est le spasme carpo-pédal ou la main d’accoucheur et le pied en extension.

– Signes généraux : Anxiéte chronique, nervosité, fatigabilité, céphalées.

Spasmophilie : causes

La spasmophilie est une affection dont les signes sont identiques à ceux d’une crise d’angoisse ou d’un état d’anxiété. Elle touche principalement les personnes âgées de 15 et 45 ans.

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Les causes de la spasmophilie ne sont pas formellement établies. Mais deux principales hypothèses sont émises:

  • 1ère hypothèse.  Cette maladie est due à un dérèglement au niveau du métabolisme du calcium par l’organisme.

Toujours dans ce même ordre d’idée, on évoque également un trouble dans la conduction des informations entre les neurones et les muscles. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’on l’assimile la spasmophilie à une crise de tétanie.

  • 2ème hypothèse. La spasmophilie est une réaction exagérée qui fait suite à l’exposition à une situation génératrice de stress, d’angoisse ou d’anxiété (c’est mon point de vue). La peur vive ressentie entraîne l’apparition des symptômes qui deviennent par la suite des facteurs aggravants de cette même peur. C’est un véritable cercle vicieux duquel la majorité des personnes victimes de spasmophilie n’arrivent pas à se libérer sans aide extérieure.

Pour ces raisons, un diagnostic est complexe à établir. Voilà pourquoi il est fortement recommandé – en 1ère intention – de consulter votre médecin traitant si vous pensez souffrir de spasmophilie.

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Spasmophilie : de multiples symptômes

Lorsqu’on interroge un spasmophile sur sa maladie, il évoque un faisceau de troubles très divers qui touchent à la fois le système digestif, la tête, les membres, la poitrine. Cette diversité est précisément ce qui déroute les médecins.

Une personne en crise de spasmophilie présente les symptômes ci-après:

  • Crampes
  • Fourmillements, ou picotements, au niveau des mains, des bras, du visage et des jambes
  • Fortes sueurs
  • Frissons
  • Fatigue matinale régulière
  • Étourdissements
  • Vertiges
  • Nœuds au niveau de l’estomac
  • Brûlures au niveau de l’œsophage ou de l’estomac
  • Douleurs à la poitrine
  • Nausées
  • Sensation de malaise
  • Spasmes douloureux au niveau de l’abdomen
  • Hyperventilation
  • Contraction au niveau des lèvres
  • Impression de suffoquer
  • Palpitations
  • Boule dans la gorge
  • Troubles ponctuels de la vision
  • Fortes douleurs au niveau du cou, du dos, ou des jambes
  • Migraines
  • Sensation de chaleur
  • Impression de perdre connaissance
  • Difficultés à marcher

Il existe également des crises de spasmophilie sans symptômes physiques visibles. Les personnes qui en sont victimes ont des céphalées. Et aussi des vertiges, des palpitations, et des troubles digestifs. Lesquels peuvent durer entre quelques jours, et plusieurs semaines.

Méthodes de diagnostic de la spasmophilie

Les médecins sont souvent démunis face à ces troubles changeants. Tous les examens demandés sont normaux mais les patients reviennent et ne vont pas mieux. Anne, 36 ans, dont les premières crises sont apparues il y a une vingtaine d’années le confie avec amertume : « À de rares exceptions près, j’ai toujours été mal accompagnée.

Les médecins avaient un discours moralisateur et me disait juste d’arrêter mon cinema. »Elle a tout de suite remarqué que le stress aggravait son état : « Au lycée je pouvais faire jusqu’à quatre crises de tétanie par jour (l’expression paroxystique de la spasmophilie, ndlr) Mais chez moi, plus rien… » Toutes les formes de stress, qu’elle résultent d’un accident, d’un deuil ou plus simplement d’un changement de rythme ou de température ont une incidence sur la maladie.

On conseille donc aux patients d’éviter de consommer trop de thé ou de café mais de modérer également leur consommation d’alcool et de tabac.

Elle a souffert du regard des autres qui lui renvoyaient l’image d’une maladie purement psychosomatique : « Le côté très théâtral des malaises était lassant pour mes camarades et très embarrassant pour moi. » De nombreux patients se retrouvent alors face à un psychiatre qui leur prescrit un traitement antidépresseur alors même que leur problème n’est pas neurologique.

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Les analyses de sang permettent pourtant en général de déceler un dosage anormal de magnesium plasmatique ou globulaire mais aussi parfois de calcium ou de phosphore. L’examen le plus probant reste néanmoins l’électromyogramme qui enregistre l’activité électrique des muscles. Chez les spasmophiles, il y a une hyperexcitabilité des muscles qui vont se contracter très facilement. Ceci explique donc les « spasmes » en tout genre qu’expérimentent les malades. On évoque également le « signe de Schvosteck« , une contraction de la commissure des lèvres spécifique aux spasmophiles et résultat d’une percussion par le marteau du médecin d’un nerf situé sous l’oreille.

 

Spasmophilie : Questions et réponses

La difficulté de vivre la spasmophilie au quotidien

Anne vivait avec une sensation d’oppression permanente dans la poitrine, des courbatures et des fourmillements dans les extrémités. Au plus fort de la maladie, son quotidien était rythmé par les crises : « Dans ces cas là, je n’arrivais pas à respirer, mon corps était comme tétanisé et j’avais l’impression qu’il se vidait comme un lavabo. » Pour les patients, la difficulté est de trouver un professionnel de santé suffisamment à l’écoute et informé sur la spasmophilie. Mais également de faire accepter et comprendre leur maladie auprès de leurs proches et dans le milieu professionnel.

Des traitements efficaces contre la spasmophilie

Lorsque les patients rencontrent enfin des médecins formés au traitement de la spasmophilie, ils sont souvent étonnés d’apprendre qu’il existe non seulement des méthodes de diagnostic efficace mais également des traitements. Si certains médecins privilégient une thérapeutique psychiatrique, d’autres s’orientent vers un traitement en phytothérapie.

Souvent long, au minimum 18 mois à 2 ans, ils sont en général un mélange de plusieurs oligoéléments tels que le magnesium et le calcium et sont associés à des complètements alimentaires à base de plantes : passiflore, mélisse, houblon. L’homéopathie peut également venir en complément de ce traitement, de même qu’un anxiolytique si le patient a des crises d’angoisses.

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