La lutte contre les IST chez les jeunes

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La lutte contre les IST chez les jeunes
La lutte contre les IST chez les jeunes
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lutte contre les IST chez les jeunes : Le Conseil national du sida et des hépatites virales (CNS) s’inquiète de l’augmentation des infections sexuellement transmissibles chez les jeunes et propose des mesures pour réduire le nombre de cas.

La France peut mieux faire en matière de lutte contre les infections sexuellement transmissibles (IST). Le Conseil national du sida et des hépatites virales (CNS), invité à donner son avis par le ministère de la Santé, estime que la lutte contre ces infections doit devenir « une priorité des politiques publiques de promotion de la santé ». Pour l’heure, tout est à faire, constate le CNS qui émet plusieurs recommandations qui vont dans le sens d’une meilleure coordination des différents acteurs.

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Dans le système scolaire d’abord, le personnel éducatif ainsi que les médecins et infirmières scolaires ont un rôle à jouer dans la prévention par la sensibilisation, juge le CNS qui prône une amélioration « des conditions actuelles d’enseignement de l’éducation à la sexualité ». Un travail doit être fait concernant « les vaccinations des adolescents » et « l’accès aux préservatifs et aux dépistages », pointe-t-il.

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Les médecins généralistes sont d’autres acteurs clés appelés à jouer un rôle plus important dans la politique publique de lutte contre les IST chez les jeunes. Le Conseil plaide aussi pour une « offre dématérialisée de prévention et de dépistage » en développant par exemple l’auto-prélèvement pour le dépistage des IST.

IST chez les jeunes : Un effort à faire en terme de vaccination contre les IST

Alors que les jeunes les plus exposés aux IST sont souvent les plus difficiles à identifier, le CNS souligne aussi l’importance de renforcer le rôle de différents dispositifs en direction des jeunes, spécifiquement « dans les domaines des addictions, des problèmes psycho-sociaux, des questions relatives à l’insertion socio-professionnelle ».

Le renforcement de l’arsenal de vaccination constitue un autre chantier de taille dans la lutte contre les IST. Dans le collimateur du CNS, la lutte contre l’hépatite B (VHB) et le papillomavirus (HPV) pour lequel le Conseil demande plus de sensibilisation et un accès élargi et gratuit à la vaccination.

IST chez les jeunes : Plus de prévention et d’actions dans les collèges et lycées

« La hausse des IST chez les jeunes s’explique notamment par une diminution de l’utilisation du préservatif, pas lors de la première relation sexuelle mais au cours des années qui suivent, et une augmentation des comportements à risque comme un rapport sexuel sous produits psychoactifs », explique à Santé Magazine le Pr Patrick Yeni, président du Conseil national du sida et chef de service de maladies infectieuses à hôpital Bichat (Paris).

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L’institution a émis pas moins de 34 recommandations, au niveau national, régional (agences régionales de santé), des rectorats, à l’école, à l’université ou encore à destination des différents opérateurs de santé publique. Ces premières recommandations concernent l’éducation nationale, « afin de renforcer les interactions entre éducation et santé dans le champ de la lutte contre les IST chez les jeunes ».

Ainsi les experts préconisent de respecter le format des interventions d’éducation à la sexualité inscrit dans la loi, d’au moins trois séances de deux heures par an, quitte à ce que celles-ci soient réalisées par des intervenants extérieurs. En ce qui concerne les préservatifs,dont la promotion reste essentielle pour la prévention des IST, il faut assurer leur mise à disposition dans les lycées et conduire une réflexion concernant le principe de leur mise à disposition dans les collèges.

IST chez les jeunes : Le rôle de l’école diminue

Pour la partie dépistage des IST, et notamment du VIH, du virus de l’hépatite B (VHB) et du virus de l’hépatite C (VHC), le CNS évoque l’idée de permettre aux infirmières scolaires de proposer et réaliser des tests rapides d’orientation diagnostique (TROD) au cas par cas.

« Le rôle de l’école en ce qui concerne la prévention sexuelle des jeunes diminue, alors que c’est la façon la plus démocratique de les informer. Elle devrait même s’inscrire dans un rôle plus large et parler d’une vision positive de la sexualité », souligne le Pr Patrick Yeni, qui recommande que l’offre vaccinale contre le papillomavirus humain (HPV) soit renforcée même chez les garçons. « En Angleterre le vaccin est proposé à l’école, alors qu’en France, la couverture est de moins de 20%. »

IST chez les jeunes : Renforcer la mission des médecins généralistes

En dehors de l’école, le rôle du médecin généraliste dans ce domaine doit être mieux valorisé, puisque c’est très souvent grâce lui que des dépistages sont réalisés. Il faudrait pour cela promouvoir la formation initiale et l’actualisation des connaissances des médecins généralistes sur la sexualité et la santé sexuelle des jeunes et « définir des indicateurs permettant d’adapter la prévention des IST et les vaccinations de l’adolescent (HPV, rattrapage VHB) aux rémunérations sur objectifs de santé publique », estime le CNS.

Si ces derniers le souhaitent, ils pourraient également se voir financer l’accès aux tests rapides d’orientation diagnostique pour le dépistage des hépatites et du VIH. Concernant les jeunes en eux-mêmes, le CNS recommande de sensibiliser davantage les structures accueillant les jeunes en difficulté sociale, psychologique, ou économique à la santé sexuelle et aux IST.

« Il faut que les campagnes touchent les personnes les plus exposées comme les HSH* et les jeunes fragilisés sur le plan social. Il est connu que le contexte socio-économique favorise les prises de risque », indique le Pr Yéni. Enfin ces derniers devraient pouvoir bénéficier de plus d’offres « dématérialisées » pour des dépistages hors des circuits habituels: le dépistage des IST par auto-prélèvement, sur le modèle de l’expérimentation « chlamyweb » qui a bénéficié d’un retour positif par Santé publique France.