IVG médicamenteuse : Le Cytotec retiré du marché en mars prochain

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IVG médicamenteuse : Le Cytotec retiré du marché en mars prochain
IVG médicamenteuse : Le Cytotec retiré du marché en mars prochain

Le Cytotec est un anti-ulcéreux également prescrit pour déclencher des accouchements ou pour les IVG médicamenteuses. Après de nombreuses alertes sanitaires, il va être retiré du marché.

Le Cytotec (misoprostol) a obtenu une Autorisation de mise sur le marché (AMM) en France en 1986 pour le traitement de l’ulcère gastrique ou duodénal et les lésions gastro-duodénales induites par les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS). Mais comme ce médicament a aussi la propriété de provoquer des contractions, il est également utilisé (hors AMM) en gynécologie pour les IVG médicamenteuses  et en obstétrique pour le déclenchement de l’accouchement.

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Mais cet usage détourné comporte des risques pour la maman et pour l’enfant. C’est pourquoi, suite aux nombreuses alertes sanitaires, le laboratoire Pfizer a annoncé qu’il retirait le Cytotec du marché. Une décision qui sera effective en mars 2018.

Le Cytotec : Risque de rupture utérine et d’hémorragie

Il y a trois ans déjà, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) avait publié une mise en garde contre les risques potentiels de l’usage hors AMM du Cytotec : « Dans le déclenchement de l’accouchement à partir de 37 semaines d’aménorrhée, le recours à des spécialités non autorisées, quelle que soit la voie d’administration, fait courir des risques graves à la mère et à l’enfant. En effet, des effets indésirables graves ont été rapportés avec une utilisation de Cytotec dans le déclenchement du travail comme la survenue de rupture utérine, d’hémorragies ou d’anomalies du rythme cardiaque fœtal ».

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L’ANSM avait alors rappelé que la Haute autorité de santé (HAS) avait publié des recommandations professionnelles sur les conditions qui permettent un déclenchement artificiel du travail, que ce soit pour une indication médicale ou non médicale, et les méthodes utilisées pour ce déclenchement. Parmi ces méthodes figurent le décollement des membranes et le recours à des spécialités contenant du dinoprostone approuvées dans cette indication. « A ce jour, le misoprostol n’a pas d’autorisation de mise sur le marché pour le déclenchement artificiel du travail » soulignait l’ANSM.

Le Cytotec : Des conséquences dramatiques pour l’accouchement

Utilisé lors de l’accouchement, ce médicament peu onéreux qui permet de déclencher le travail a des conséquences parfois dramatiques. Céline, qui souffrait d’hypertension, n’a par exemple pas gardé un bon souvenir de son accouchement. Par deux fois, on lui administre une gélule de Cytotec. « Quelques minutes plus tard, les contractions s’intensifient, et ne deviennent plus supportables. Je manque d’oxygène et le rythme cardiaque de ma fille baisse fortement et régulièrement. A 7h30, une césarienne d’urgence a été décidée. A 8h02, ma fille naît, je n’ai pu la voir que cinq secondes. Je me sens mal, j’ai froid… J’ai appris ensuite que ma fille avait le cordon enroulé autour du cou et que moi j’avais fait une grosse hémorragie. Je ne vois pas ma fille pendant plusieurs heures car je dois rester sous surveillance. »

Et comme pour beaucoup de ces femmes, ce souvenir traumatisant a été ravivé par l’annonce, ce jeudi matin, du retrait de ce médicament. « Les années m’ont permis d » »oublier » cette naissance difficile, reprend Céline. Mais je comprends mieux aujourd’hui le déroulement, et surtout la cause de mon hémorragie. »