Une étude sur l’endométriose fait polémique

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L’Université de Sydney, en Australie, vient d’approuver une étude sur « l’impact de l’Endométriose sur le bien-être sexuel des hommes ». Les femmes atteintes de cette maladie sont furieuses.

Aujourd’hui, 1 femme sur 7 en âge de procréer est touchée par l’endométriose. Cette maladie est provoquée par des fragments d’endomètre (la muqueuse qui tapisse l’intérieur de l’utérus) qui, au lieu d’être évacués par le sang des règles, remontent dans la cavité abdominale et s’implantent dans différents tissus du ventre, provoquant de fortes douleurs au moment des règles ou lors des rapports sexuels.

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C’est ce qui a poussé l’Université de Sydney, en Australie, à approuver une étude sur « l’impact de l’endométriose sur le bien-être sexuel des hommes » et à lancer un appel à témoignages auprès d’hommes « en couple avec une femme atteinte d’endométriose et qui souffre lors des rapport sexuels ».

Pourquoi l’enquête sur l’endométriose fait débat ?

Une étudiante en philosophie à l’université de Sydney a lancé une enquête autour de l’endométriose, avec l’accord de son établissement. Le questionnaire porte sur les difficultés sexuelles liées à l’endométriose. Problème, l’étude s’adresse aux hommes. L’étudiante a cherché à savoir comment l’endométriose affectait leur vie intime. Sur les réseaux sociaux, les internautes se sont indignés. Une étudiante, Imogen Dunlevie, atteinte de la maladie depuis ses 13 ans, a publié une tribune à charge sur le Guardian pour expliquer à quel point cette étude est malvenue. 

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« Les études, comme celle-ci, donnent l’impression que la seule façon d’attirer l’attention sur l’endométriose est de montrer comment elle touche les hommes. Cela ne suffit pas que les femmes partagent leurs innombrables histoires de douleur et de souffrance, comment cela limite leur capacité à finir leurs études, à travailler à plein-temps ou même à faire l’amour.

Cela ne suffit pas de décrire les opérations et les médicaments, les procédures envahissantes qui ne procurent que peu, voire pas du tout de soulagement. La seule façon d’amener les gens à s’y intéresser est de leur dire que les hommes sont aussi affectés. »

Létudiante à l’origine de l’étude controversé a expliqué à ABC qu’elle comprenait les réactions, mais qu’il était nécessaire d’aborder la question des effets sur la vie sexuelle des hommes : « On peut facilement mal interpréter la maladie comme étant un problème de femme, mais je pense que c’est un problème de couple ». Une justification qui n’a pas convaincu Imogen Dunlevie car pour elle, le vrai problème de l’endométriose est que cette maladie n’est pas reconnue. 

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« Nous arrivons déjà à peine à communiquer sur l’endométriose, assure-t-elle. Nous ne devrions pas commencer à parler de l’endométriose pour voir comment les hommes se sentent par rapport à la maladie, et particulièrement pas pour voir comment elle affecte leur vie sexuelle ».

Le point de vue de l’homme pour faire parler de la maladie

Cet appel à témoignage a fait exploser la colère d’Imogen Dunalvie, une jeune femme souffrant d’endométriose depuis l’âge de 15 ans. « Donc, pour que cette maladie sorte de l’ombre, la souffrance des femmes ne suffit pas. Il faut que ce soit les hommes qui s’expriment sur le retentissement que cela a sur leur vie sexuelle pour qu’on en parle » s’est-elle indignée sur The Guardian. « Cela ne suffit pas de décrire les opérations et les médicaments, les procédures envahissantes qui ne procurent que peu, voire pas du tout de soulagement. La seule façon d’amener les gens à s’y intéresser est de leur dire que les hommes sont aussi affectés ».

L’auteur de l’étude a déclaré qu’elle pouvait comprendre pourquoi les femmes se sentent mal à l’aise avec ses recherches, mais qu’il est nécessaire d’encourager les couples à parler.