Déclenchement artificiel : les 4 choses à savoir

1273

Les professionnels de santé présents à l’accouchement peuvent décider le Déclenchement artificiel du travail pour des raisons médicales ou de convenance.

– Raisons médicales : dépassement de terme (il peut être risqué pour l’enfant dans certains cas), rupture prématurée de la poche des eaux avant le début du travail (risque d’infection pour l’enfant). Dans ce dernier cas, le déclenchement artificiel est proposé après un certain temps d’attente sous antibiotiques sachant qu’il est généralement déconseillé d’attendre plus de 2 jours.

loading...

– Raisons de convenance du déclenchement artificiel ou « accouchement programmé » : lors d’une grossesse normale, ce type de déclenchement artificel n’intervient pas avant la 39e semaine de grossesse, seulement si le col est ramolli et un peu ouvert et en l’absence de césarienne antérieure. Si vous avez demandé ce déclenchement artificiel , sachez que vous pouvez revenir sur votre décision tant que celui-ci n’est pas commencé. S’il vous a été proposé par la maternité, vous avez le droit de refuser.

La surveillance du déclenchement artificiel

Avant de procéder au déclenchement artificiel de l’accouchement, le médecin évalue certains paramètres essentiels afin d’éradiquer les dangers potentiels qui guettent la mère et son enfant, en d’autres termes, les conditions de sécurité sont toujours respectées !

 vérification de la disponibilité des moyens nécessaires à la surveillance maternelle et fœtale 

 évaluation de la longueur et de la dilatation du col 

 vérification de la position de la tête du foetus 

 le monitorage fœtal doit être réalisé immédiatement avant le déclenchement artificiel du travail : pendant le déclenchement et lorsque le travail aura enfin commencé, le médecin surveille en permanence bébé grâce au monitoring qui révèle son tonus cardiaque et qui détecte le moindre trouble.

Bon à savoir : le déclenchement artificiel de l’accouchement doit être réalisé à proximité d’une salle de césarienne… et ce, quelle que soit la méthode de déclenchement utilisée ! L’accouchement provoqué semble entraîner une augmentation du risque de césarienne, une conséquence qui résulte principalement de l’absence d’ouverture du col ou de la stagnation du travail, c’est ce qu’on appelle un échec de déclenchement.

Les méthodes de déclenchement artificiel

Il existe plusieurs méthodes pour le déclenchement artificiel du travail et l’accouchement. Mais le choix de l’utilisation de telle ou telle technique dépend de plusieurs paramètres : la dilatation du col, la nécessité de faire sortir le bébé rapidement (dans le cas de la perte des eaux et d’absence de travail par exemple), des éventuelles pathologies maternelles et des préférences du médecin.

Mais on constate que deux techniques sont plus fréquemment utilisées que d’autres :

A lire aussi : Grossesse : qu’est-ce que l’accouchement naturel ?

 Les prostaglandines : C’est la méthode la plus fréquente puisqu’elle est très efficace et qu’elle comporte moins de désavantages que les autres techniques. Elle est utilisée lorsque le col n’est pas favorable, en règle générale, c’est lorsqu’il s’agit d’un déclenchement d’indication médicale. Il s’agit en réalité d’une substance proche des prostaglandines : cette forme artificielle est généralement utilisée sous forme de gel (ou de mini-tampon Propess par exemple) qu’on applique autours de la zone vaginale pour provoquer la maturation du col et stimuler les contractions utérines. Dans de nombreux cas, cette méthode suffit pour déclencher l’accouchement. Sinon, le recours à la perfusion d’ocytocine devient nécessaire. L’ocytocine (ou picotin) : Il s’agit en réalité de la forme artificielle de l’ocytocine, une substance appelée picotin. Lors d’un accouchement spontané, l’ocytocine est l’hormone qui entraîne physiologiquement les contractions utérines : elle est sécrétée naturellement par les systèmes nerveux de la future maman et de son bébé. Cependant, en cas de déclenchement, on constate que l’administration du picotin doit souvent être réajustée et augmentée pour parvenir à provoquer des contractions efficaces qui déclencheront la mise en travail. Mais ce surdosage entraîne l’utérus à produire des contractions bien plus intenses et bien plus douloureuses que celles d’un travail spontané. Pour cette raison, il est habituel d’associer à cette méthode la pose d’une péridurale pour aider la future maman a mieux endurer les contractions et faciliter le déroulement de l’accouchement déclenché ainsi que la progression du travail.

A lire aussi : Retrouver une vie sexuelle après l’accouchement

Les autres méthodes de déclenchement demeurent moins fréquemment utilisées :

 Le décollement des membranes : C’est une méthode mécanique qui est proposée lorsque le déclenchement sans raison médicale urgente est envisagé. La plupart du temps, cette technique est utilisée chez les femmes enceintes qui ont dépassé leur terme. L’acte consiste à introduire un doigt dans le vagin et d’y effectuer des mouvements circulaires afin de décoller les membranes de la paroi utérine. Cette méthode ne fonctionne malheureusement pas à tous les coups, elle demeure d’ailleurs très douloureuse pouvant également être la cause de saignements récurrents. Plusieurs décollements sont souvent nécessaires pour provoquer un accouchement.

A lire aussi : Accouchement : l’expulsion et la naissance de l’enfant

 Rupture artificielle de la poche des eaux : C’est ce qu’on appelle une amniotomie. Cet acte médical se fait à l’aide d’un instrument muni d’un petit crochet à son extrémité. Lorsqu’une contraction survient, la sage-femme « griffe » les membranes, ce qui permet l’écoulement du liquide amniotique. Cette méthode est généralement utilisée lorsque l’application des prostaglandines est impossible chez la future maman. L’objectif de cette technique c’est de raccourcir la phase de travail. En effet, la rupture de la poche des eaux libère des prostaglandines qui stimulent les contractions utérines. Celles-ci devenant plus fréquentes et plus efficaces accélèrent alors la dilatation du col, ce qui entraîne plus rapidement l’expulsion. Cependant, l’amniotomie demeure une pratique très controversée, notamment, en raison de sa pratique devenue quasiment systématique lors des accouchements déclenchés. La rupture artificielle de la poche des eaux devrait être réalisée uniquement lorsque le foetus est déjà bien engagé dans le bassin maternel. Le cas échéant, le risque que le cordon s’enroule autours du cou de l’enfant est plus élevé : ce qui implique une diminution de l’apport en oxygène.

loading...