Compter les calories ne sert à rien

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C’est un nouveau clou dans le cercueil des théories stupides et dangereuses des années 60, 70 et 80 sur les « régimes amincissants ».

Une nouvelle étude publiée dans le Journal of the American Medical Association (JAMA), une des plus célèbres revues médicales du monde, montre que, pour perdre du poids, il est inutile de sinquiéter des calories ingérées et même de limiter votre quantité de nourriture [1].

L’important est de consommer des aliments sains et de réduire la quantité de sucre, de céréales raffinées, d’aliments transformés et ultra-transformés (barres chocolatées, sodas, biscuits d’apéritif, pizzas surgelées et, en général, malbouffe).

Les lecteurs de Santé Nature Innovation n’en seront pas étonnés.

C’est notre rengaine depuis bientôt 10 ans. Nous passons notre vie à dire qu’il faut manger plus de légumes, de fruits, de noix, d’œufs bio, de fromage de chèvre ou de brebis, de petits poissons, d’huiles de bonne qualité, de légumineuses (lentilles, haricots, fèves), de quinoa, de fibres, et moins de bonbons, de gâteaux, de frites, de pain blanc, de riz blanc, de pâtes blanches.

Le plan pour sortir les pays occidentaux de l’obésité

« Il s’agit du plan qui nous indique comment réduire l’épidémie d’obésité aux États-Unis », juge le Dr Mozaffarian, cardiologue et doyen de l’École de nutrition à l’université Tufts.

« Il est temps que les États-Unis et les autorités de santé des autres pays cessent d’inciter la population à se concentrer sur les calories et le comptage de calories. »

Son avis doit être pris au sérieux. C’est celui d’un expert indépendant, qui n’a pas participé à l’étude. Il donne une appréciation objective des travaux, et il confirme exactement ce que nous disons dans ces colonnes depuis des années !

8 millions de dollars

Les Américains n’y sont pourtant pas allés de main morte. Ils ont suivi de près 600 personnes, dépensé 8 millions de dollars pour cette étude d’une ampleur exceptionnelle.

Ils ont aussi compliqué les choses à loisir. Ils ont demandé aux uns de réduire surtout la malbouffe grasse, aux autres la malbouffe sucrée ; ils ont étudié la génétique des participants et mesuré leur sensibilité à l’insuline.

Résultat : rien de probant. La seule conclusion claire, indiscutable, qui ressorte de l’étude est que les gens obèses qui se décident à arrêter totalement de manger des cochonneries, pour ne plus manger que des aliments sains, cuisinés à la maison, perdent facilement quinze kilos en un an.

Mieux : ce « régime » qui consiste à manger à sa faim ne provoque pas d’effet yo-yo.

Le défi de manger sain

Le défi de manger sain n’a en réalité rien à voir avec l’appétit, les fringales.

C’est une question de rythme de vie.

Prendre le temps de faire ses courses, de cuisiner, de se mettre à table sans regarder la télé.

Quand on vit seul, ou à deux, et que rien ne vous impose un rythme, il est tellement difficile de continuer à prendre soin de soi.

La tentation d’avaler un paquet de biscuits ou de chips, de mettre une simple barquette de lasagnes surgelées au micro-ondes est quasi irrésistible.

Le défi est donc de se prendre en main psychologiquement, affectivement, socialement, pour se remettre à consacrer du temps et de l’énergie à manger et vivre sainement.

Oublier cette partie-là pour se concentrer sur la balance à calories conduit à l’impasse et aux souffrances inutiles.

On pousse les gens à faire des sacrifices insensés, avec une dose de sadisme, car en fait tout le monde sait que la personne ne tiendra pas et finira par craquer.

C’est pourquoi je pose la question : quand les régimes seront-ils, enfin, interdits ??