Cocaïne : elle augmente l’impatience sexuelle

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La consommation de cocaïne augmenterait le désir sexuel, mais aussi l’impatience. Conséquence, les utilisateurs auraient moins le réflexe d’utiliser un préservatif et auraient plus de comportements sexuels à risques.

L’utilisation de la cocaïne a longtemps été liée à des fréquences plus élevées de comportements impulsifs, et de rapports sexuels à risques, mais ce lien a été difficile à établir de manière formelle. Aujourd’hui, cette nouvelle étude publiée dans la revue médicale Psychopharmacology a permis de déterminer scientifiquement cette causalité.

Les chercheurs de l’Université de Johns Hopkins aux Etats-Unis ont recruté un petit nombre de personnes en bonne santé, utilisatrices régulières de cocaïne pour comprendre l’impact de cette drogue sur la sexualité et les comportements à risques.

Au cours de l’étude, les participants ont pris un placébo ou un comprimé comportant 125 milligrammes par 70 kilogrammes de poids corporel de cocaïne ou une pilule dosée avec 250 milligrammes par 70 kilogrammes de poids corporel de cocaïne.

La cocaïne augmente le désir sexuel…

Pendant toute la durée de l’observation, les volontaires ont déclaré leur état sur une échelle de 4 points, (0 : aucun effet, 4 effet maxi) et leur désir sexuel sur une échelle de 100 points (0 : aucun désir sexuel, 100 désir intense). Leurs réponses montrent clairement que la cocaïne augmentait le désir sexuel.

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… mais également l’impatience sexuelle et les comportements à risques

Pour déterminer si ce désir était lié à des comportements à risques, les chercheurs ont mené une deuxième expérience qui a permis d’établir que la cocaïne favorisait une « impatience sexuelle » qui poussait les utilisateurs à ne pas « attendre » de trouver un préservatif pour avoir des relations sexuelles. De la même manière, l’étude a permis de déterminer que la cocaïne réduisait la perception du risque d’IST.

«Notre étude contribue à expliquer pourquoi les usagers réguliers de cocaïne sont plus enclins aux rapports sexuels à risques et souligne pourquoi les responsables en santé publique et les médecins devraient s’assurer qu’ils soient bien « équipés » en préservatifs en prévention des IST», explique le Dr Matthew Johnson, professeur agrégé de psychiatrie et de sciences du comportement à l’école de médecine de l’Université Johns Hopkins.